3 réponses de David Linx

David Linx en 4tet - Skin in the game 

David Linx Chant, Jérôme Regard Contrebasse, Arnaud Dolmen Batterie, Gregory Privât Piano

JAC : Vous avez chanté des musiques de tout bord : du standard de jazz à la « pop-rock anglo-saxon » en passant par Jacques Brel et des madrigaux, en plus de vos propres compositions. Y a-t-il néanmoins des compositeurs qui vous ont mis sur la voie ou que vous aimez chanter par-dessus tout ?

 

Beaucoup de compositeurs m’ont influencé et donné le courage de m’atteler à la tâche. Ils sont multiples allant de Diederik Wissels par Ivan Lins à Fabrizio Cassol à Duke Ellington, Ran Blake à Ravel, de Jobim à Cecil Taylor, de Miles Davis et Bill Evans à Ornette Coleman et Hermeto Pascoal et Egbert Gismonti, de Mario Laginha à Arvo Part, etc. Mais avant tout à mon âge je chante surtout mes propres compositions qui sont en gros des hommages à tous ceux nommés avant ici et à ceux que j’ai oublié de mentionner ici également.

 

JAC : Toutes les compositions de votre dernier disque « Skin in the Game » sont en anglais. Vous êtes tellement à l’aise dans la langue native du jazz (votre rencontre avec James Baldwin y étant sans doute pour quelque chose …) que l’on y voit que du feu, mais qu’est-ce qui motive, avant tout, ce choix de langue ?

 

J’ai enregistré dans plus de 20 langues allant de l’anglais au français, portugais, espagnol, sarde, néerlandais, italien, allemand, etc…. Le choix a toujours été le mien. On « est » la langue qu’on chante. C’est le chanteur/chanteuse qui fait swinguer la langue et pas vice versa. Ce qui motive le choix de la langue c’est la force de la mélodie mais avant tout le texte. 

 

JAC : La pandémie a été une période très difficile pour nous tous et a privé longtemps les musiciens de la scène. Est-ce qu’il y a eu quand-même pour vous du positif, par exemple dans le renouvellement des modes de travail et de diffusion de la musique ?

 

Je crois que ça a été une période de profonde introspection qui nous a permis de nous confronter à nous même plus que jamais avant. Il y a un avant et un après dorénavant et ça nous force à nous questionner sur la place et la responsabilité qu’on a dans ce monde. La force et la décision de chaque personne en tant qu’individu est plus importante que jamais avant. La pandémie est d’une force imaginaire énorme et ça nous mène à affronter les choses comme jamais avant et à prendre des positions et des décisions claires, peut-être plus réfléchies aussi et radicales par rapport à la société, notre civilisation et le futur. Les choses sont dans notre pouvoir, à nous d’y croire et agir.

 

 

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3 answers from David Linx

David Linx in 4tet - Skin in the game
David Linx singing, Jérôme Regard Double bass, Arnaud Dolmen Drums, Gregory Privât Piano

JAC : You sang the music of all edge: from the Jazz Standard to the "Pop-Rock Anglo-Saxon" via Jacques Brel and Madrigals, in addition to your own compositions. Is there, however, composers who put you on the track or do you like singing above all ?

Many composers influenced me and gave the courage to reach the task. They are multiple ranging from Diederik wisses by Ivan Lins to Fabrizio Cassol in Duke Ellington, Ran Blake in Ravel, from Jobim to Cecil Taylor, Miles Davis and Bill Evans to Ornette Coleman and Hermeto Pascoal and Egbert Gismonti, from Mario Laginha to Arvo Part. etc. But above all at my age I sing especially my own compositions that are basically tribute to all those named before here and to those I forgot to mention here too.

 

JAC : All the compositions of your last "Skin in the Game" disc are in English. You are so comfortable in the native language of jazz (your meeting with James Baldwin probably being for something ...) that we see only fire, but what motivates, above all, This language choice ?

I recorded in more than 20 languages ​​ranging from English to French, Portuguese, Spanish, Sardinian, Dutch, Italian, German, etc. The choice has always been mine. We "is" the language we sing. It's the singer who is swinging the tongue and not vice versa. Which motivates the choice of language it is the strength of the melody but above all the text.

 

JAC : The pandemic has been a very difficult period for all of us and has a long time private musicians. Was there anyone yet for you, for example in the renewal of the modes of work and the diffusion of music ?

I think it was a period of profound introspection that allowed us to confront us even more than ever before. There is a before and one after now and it forces us to question ourselves on the place and responsibility we have in this world. The strength and decision of each person as an individual is more important than ever before. The pandemic is of a huge imaginary force and it leads us to face things like never before and to take clear positions and decisions, perhaps more reflective and radical compared to society, our civilization and the future. Things are in our power, for us to believe it and act.

 

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