3 réponses de Daniel Zimmermann

Daniel Zimmermann Quartet - Montagnes Russes

Daniel Zimmermann Trombone, Julien Charlet Batterie, Pierre Durant Guitare, Jérôme Regard Contrebasse

JAC : Vous avez collaboré autrefois avec Claude Nougaro. On est frappé aujourd’hui par le travail d’orfèvre de ses musiciens et des arrangements. Est-ce qu’il y a aujourd’hui des artistes ou un courant comparable pour populariser le jazz à travers la chanson ?

Non, pas à ma connaissance, ou alors sous une forme beaucoup plus édulcorée malheureusement. On peut néanmoins citer Sanseverino mais il me semble que son succès est retombé. Jeanne Added ne fait plus de jazz sous son nom, mais le fait qu’elle vienne de ce monde-là et son goût pour les mélodies recherchées en font une ambassadrice de cette musique dans la pop française actuelle. Cependant, elle ne connait pas le succès en chantant du swing, ni même du jazz moderne, donc rien de comparable.
 

JAC : On sent chez vous un attachement assez fort au blues, ne serait-ce que par votre choix de Pierre Durand à la guitare. Vrai ou faux ?


Vrai. Toutes les musiques et tous les courants m’intéressent par principe et même par goût, mais ma passion pour la musique s’est construite dès le plus jeune âge à travers des artistes qui étaient très marqués par le blues (Teagarden, Armstrong, Joplin), et ensuite également au moment où je me suis engagé dans cette voie (James Brown). La culture du blues de Pierre a été déterminante dans mon choix de travailler avec lui, mais aussi son goût pour l’improvisation libre et son ouverture vers la pop et le rock.


JAC : Le tromboniste de jazz qui a eu le plus grand succès populaire est sans doute Glenn Miller, un personnage dont la légitimité est paradoxalement parfois contestée. Avec le recul, avez-vous un regard personnel sur son travail ?


Glenn Miller n’a pas été reconnu ni même écouté pour ses talents de tromboniste, mais d’arrangeur et de chef d’orchestre. Je ne suis guère client de sa musique personnellement, mais c’est une affaire de goût. Son problème de légitimité n’est pas due à la qualité intrinsèque de son travail, qui est incontestable pour moi, mais plutôt à sa place de n°1 en termes de notoriété, alors que Duke Ellington et d’autres le méritaient probablement plus que lui. Ceci étant à mettre en parallèle avec les problèmes de discrimination de l’époque évidemment …

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3 answers from Daniel Zimmermann

Daniel Zimmermann Quartet - Russian mountains album

Daniel Zimmermann Trombone, Julien Charlet Drums, Pierre Durant Guitare, Jérôme Regard Double basse

JAC : You once collaborated with Claude Nougaro. We are struck today by the work of goldsmith of his musicians and arrangements. Is there today artists or a comparable current to popularize jazz through the song ?

No, not to my knowledge, or in a much more sweetened form unfortunately. Nevertheless, we can quote Sanseverino but it seems to me that its success has fallen. Jeanne Added no longer makes jazz under his name, but the fact that she comes from this world and his taste for the sought-after melodies make it an ambassador of this music in the current French pop. However, she does not know success by singing swing, nor even modern jazz, so nothing comparable.

JAC : We feel at home a fairly strong attachment to the blues, if only by your choice of Pierre Durand at the guitar. True or false ?

True. All the music and all the currents interest me in principle and even by taste, but my passion for music has been built from an early age through artists who were very marked by the blues (Teagarden, Armstrong, Joplin) , and then also when I started in this way (James Brown). The culture of the stone blues has been decisive in my choice to work with him, but also his taste for free improvisation and opening to pop and rock.

JAC : Jazz's trombonist who had the greatest popular success is probably Glenn Miller, a character whose legitimacy is paradoxically sometimes disputed. With hindsight, do you have a personal look at his job ?

Glenn Miller has not been recognized or even listened for for his trombonic talents, but of arranger and conductor. I'm hardly customer of his music personally, but it's a matter of taste. Its problem of legitimacy is not due to the intrinsic quality of its work, which is undeniable for me, but rather in its place of number 1 in terms of notoriety, while Duke Ellington and others probably deserved more than him. That being to put in parallel with the problems of discrimination of the time obviously ...

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