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3 questions à Édouard LEYS Concert du 16 11 2019

JAC : Y a-t-il des pianistes (ou d’autres musiciens) dont la découverte vous a donné envie de devenir pianiste et de vous orienter vers des musiques improvisées ?

 

Ma découverte du jazz s’est faite très tôt grâce à mon père qui, lorsque j’avais 9 ou 10 ans m’a fait écouter entre autres les disques du trio de Keith Jarrett (Standards vol 1, 2, 3), l’Akoustik Band de Chick Corea. Je suis entré dans le jazz grâce à ces pianistes et certainement grâce à la forme et le son du trio qui, même si je ne savais pas pourquoi à l’époque, me plaisait beaucoup. Le swing, les interactions entre les musiciens et la grande liberté qu’offre cette forme du trio m’ont happé vers ce nouvel univers musical qui m’était inconnu à ce moment-là. J’ai continué enfant mon exploration notamment grâce à Michel Petrucciani, puis par la suite aux grands pianistes qui ont marqué l’histoire de cette musique. Il est bien sûr impossible de tous les citer, mais si je ne devais citer qu’un seul nom ce serait, bien sûr, Bill Evans, qui a été mon autre grande révélation et certainement celui qui m’a donné envie de jouer et de travailler cette musique. 

Je dois aussi citer Baptiste Trotignon avec qui j’ai pu prendre quelques cours à l’âge de 19 ans et qui a su m’ouvrir les portes vers ces univers vertigineux, quand on est jeune pianiste, que sont le jazz et l’improvisation 

 

 

JAC : Votre répertoire avec Lys Cogui s’étend au-delà du standard de jazz (Skyfall, les Stones…). Comment se compose le répertoire avec elle ?

 

J’ai une culture musicale très éclectique que je souhaite aujourd’hui assumer et revendiquer. J’ai toujours écouté et aimé toutes sortes de musique, de Bach à Beyoncé, de Charlie Parker aux Rolling Stones, de Coltrane à Prince ou de Jaques Brel à Kendrick Lamar, sans transition !

J’ai pendant longtemps ressenti un sentiment d’illégitimité ou d’éparpillement à écouter ou jouer toutes ces musiques si différentes, pendant que d’autres se spécialisaient. Mais aujourd’hui je souhaite l’assumer comme une seule identité : la mienne. Toutes ces musiques m’ont nourri et font le musicien que je suis. Dès lors, c'est important pour moi de faire entendre à un public parfois très spécialiste qu’un tube comme Skyfall est un beau morceau, riche et aussi digne d’être joué et écouté que Giant Steps. 

Le jazz vient des chansons. Les standards de jazz sont avant tout des chansons très à la mode à une certaine époque. Il est important à mes yeux que le jazz continue à tenir ce rôle, à se nourrir de la culture populaire de son époque. 

 

Pour parler plus précisément de Lys, je pense qu’elle a cette même démarche. Ce n’est pas particulièrement une chanteuse de jazz, même si elle connait très bien cette musique et qu’elle se l’approprie comme personne. Mais sa voix est imprégnée de toute cette culture populaire anglo-saxonne qu’elle connait parfaitement. Elle donne tout, sans en faire trop, avec une expressivité et une sincérité toujours au service de la chanson. Ses interprétations sont toujours très pertinentes et élégantes. 

Quand j’ai eu l’idée d’intégrer à mon album de compositions des chansons populaires j’ai immédiatement pensé à elle. C’était une évidence.

 

 

JAC : On peut voir sur Youtube le travail très intéressant que vous avez fait sur des fragments de discours d’hommes politiques (François Hollande, Barack Obama…). Avez-vous toujours des projets pour ce type de mise en musique?

 

Au départ c’était un jeu. C’est pourquoi j’ai été très surpris de voir l’intérêt que suscitait ce petit exercice au point d’être diffusé sur France Inter et France Culture !

Un après-midi d’automne, un peu malade, je me suis mis en tête de m’essayer à cet exercice de transcription de discours. L’actualité m’a rapidement guidé vers Obama et le groove implacable de sa diction. Cela m’a sauté aux oreilles, et je m’y suis attelé avec une certaine fébrilité ;).

J’avais en tête les transcriptions de Hermeto Pascoal, que ce célèbre artiste brésilien déjanté mais néanmoins génial avait pu réaliser avec une interview d'Yves Montand, ou encore avec des chants d’oiseaux. Plus récemment, Christophe Chassol s’est approprié et a renouvelé le genre avec beaucoup de talent, d'inventivité et de sensibilité.

Bien sûr, une fois cette première transcription accomplie, j’ai tout de suite eu envie de recommencer avec d’autres personnalités, pour pouvoir comparer les différentes intonations. Les discours politiques offrent un terrain de jeu inépuisable, car malgré leur forme très calibrée, il y a dans la mélodie de la voix une vérité contre laquelle on ne peut pas lutter.

Je garde cependant cette activité comme un amusement et, lorsque l’envie me prend, quand j’ai un peu de temps ou que je suis inspiré par l’actualité, je m’y livre toujours avec un malin plaisir !

 

NB On peut voir ces mises en musique ici :

https://www.youtube.com/watch?v=OrKH19fN5YE

https://www.youtube.com/watch?v=5f0Q9yUdajI